En France, où il vit et travaille, Sjaak van Rhijn se sent en unisson avec son environnement naturel. Ceci s’exprime entre autres dans les œuvres qui ont l’eau pour thème. Les nombreux petits cours d’eau rapides des environs, où l’eau coule en se heurtant aux pierres et en changeant constamment de forme, sont devenus le point de départ de plusieurs sculptures et reliefs. C’est ainsi que sont nées en 2004 les sculptures Frozen River et Rivière La Roche 1 et 2. Dans cette dernière réalisation les mouvements de la surface de l’eau sont rendus par des éclats d’ardoise.
Ces réalisations ont été l’occasion pour lui de travailler avec des matériaux transparents, par exemple du plexiglas, pour rendre le mouvement et les formes changeantes de l’eau, ainsi que la lumière et sa réfraction.
La première œuvre utilisant la transparence du plexiglas a pour titre ‘Riverprints’. Les empreintes que le mouvement de l’eau a laissées sous la pierre font leur apparition, fixées au-dessus de la surface de la pierre.
Mais ce matériau moderne n’est pas tout à fait nouveau dans l’œuvre de Van Rhijn. Il l’a déjà expérimenté dans les années ’70, dans des objets-spirales et quelques réalisations de petite taille en plexiglas, pour lesquels il avait obtenu en 1971 le Prix artistique de la ville de Gouda.
Cette redécouverte du plexiglas apporte également la couleur comme élément, ce qui s’exprime d’une manière tout à fait particulière dans les reliefs, où le matériau donne un effet presque fluorescent aux entailles pratiquées à la scie.
La composition en couches successives donne une dimension supplémentaire aux reliefs. Un éclairage extérieur fait apparaître des taches de lumière et des images en arrière-plan. Les reliefs en plexiglas sont à la fois ‘image’ et ‘diapositive’. On trouve ici une analogie avec le travail présenté à Gouda lors du projet ‘Sites inhabités-1995’ où Van Rhijn avait utilisé des restes de sacs en plastique pour fabriquer des diapositives, projetées sur la surface d’un grand morceau d’ardoise.
Un élément nouveau dans son travail est la figure humaine, un personnage aquatique, homme ou femme, qui par moments semble se laisser porter par le courant, et à d’autres moments semble chercher plutôt une voie à contre-courant. Dans ces réalisations les personnages et l’eau semblent se confondre.