Au premier étage de la Barbaratoren le tic-tac de l’horloge en haut de la tour se fait clairement entendre. L’éternité se divise ici sans répit en fractions d’innombrables secondes. Et c’est ici que le sculpteur Sjaak van Rhijn tente, en parallèle à l’inexorable tic-tac du temps qui passe, de rendre le temps visible par l’image: une installation sous le titre ‘Projection dans le temps’. Pour cela, il travaille avec des projections lumineuses en combinaison avec un bloc d’ardoise brut. (L’ardoise est une roche grise ou noire à grain fin provenant de régions montagneuses, formée par de l’argile durcie, fendue sous la pression et qui garde l’aspect stratifié de l’argile).
Jusque là, le plasticien taillait, sciait et gravait, ajoutant ainsi par manipulation mécanique des éléments de forme au matériau de son choix, tandis qu’ici, dans cette tour, c’est la pierre elle-même et sa stratification issue de millions d’années, qui sont sa forme d’expression.
Dans la pénombre une sensation irréelle d’apesanteur vous saisit, qui comme l’expérience du temps et de l’intemporalité, pousse à réfléchir et à philosopher sur ce qui est ‘derrière’ notre perception sensorielle, sur l’existence et l’existant.
Pourquoi existe-t-il quelque chose, et non pas plutôt rien? Et quel est le sens de ce qui ‘est’.
Gert A.M. Taken, 1995